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FESTA TRAIL, vous reprendriez bien un peu de cailloux ?

FESTA TRAIL, vous reprendriez bien un peu de cailloux ?

Vous aimez les trails humains, chaleureux, relevés et techniques et à l’organisation efficace? Alors parmi les trails  qui répondent à ces critères, mettez une croix dans votre agenda 2016 pour participer à la 6ème édition du FESTA TRAIL.

Plusieurs formats de courses vous étaient proposés au cours de ce weekend de l’ascension où Saint Mathieu de Tréviers, village de l’Hérault a vécu au rythme des arrivées des différentes distances proposées par l’organisation:

  • Format XL : pour l’Ultra Draille et ses 120 kilomètres /6000m D+
  • Format 70 pour l’Hérault trail et ses 73km / 3500m D+
  • Format marathon avec le marathon de l’Hortus (42km / 2000m D+)
  • Format sprint en nocturne ou diurne, au choix, avec le Tour du Pic Saint-Loup (18km)
  • Format féminin, enfin la Cécélienne (12km).

Rajoutez en plus la Handi Trail et les courses pour enfants, et le FESTA TRAIL sera pour vous l’occasion de passer ce weekend en famille ou entre amis au Pic Saint-Loup. L’opportunité pour vous de découvrir cette belle région du Languedoc-Roussillon et d’en profiter pour se perdre dans cette garrigue sauvage qui fait la réputation du département de l’Hérault, à seulement 20km de Montpellier, juste avant les Cévennes.

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« L’idée initiale étaient de présenter les plus beaux sites patrimoniaux, naturels et culturels, du territoire autour du Pic Saint-Loup. » déclare Pierre Toussaint, organisateur de cette manifestation qui nous présente l’origine du projet en ces termes. « C’est passé par un diagnostic de territoire et de ses richesses, confronté ensuite à la réalité de l’accessibilité (autorisation des propriétaires privés, autorisation environnementale, présence de  chemins, accessibilité des secours…). On a beaucoup « bartassé » comme on dit ici. Les parcours sont variés car l’arrière-pays montpelliérain est varié de nature. En quelques kilomètres nous passons de 0 à 1000 m d’altitude, du climat méditerranéen au climat océanique. La flore est donc très diversifiée tout au long du parcours. Ce climat particulier a fait aussi la technicité de ces montagnes. L’érosion, qui est ici très importante, fait ressortir les pierres pour le plus grand plaisir des techniciens du trail. Nos montagnes méditerranéennes ont été façonnées également par le pastoralisme. Ce sont des paysages ouverts qui offrent de superbes balcons sur la mer, le Ventoux, les Cévennes et parfois les Alpes et les Pyrénées.  C’est dans ce cadre naturel que nous avons voulu organiser un « trail au format XL ». L’idée initiale n’était pas celle-ci. C’est au fil des rencontres que ce concept a abouti. En 2008, le projet était une course de 20-30 km. En 2009, il s’agissait d’un Ultra Trail rejoignant le coeur du département de l’Hérault au Pic Saint-Loup. Finalement, en 2010, nous avons reçu l’appuis de la Communauté de Communes Grand Pic Saint-Loup, qui souhaitaient accueillir un événement de type trail pouvant mailler et promouvoir son territoire. C’est ainsi que fut décidé d’organiser plusieurs courses, chacune bien démarquée en terme de distance, de difficulté et de paysage. Pour mettre en oeuvre un tel projet, il fallait fédérer les forces vives du trail en Pic Saint-Loup. J’ai pris mon bâton de pèlerin pour convaincre un maximum de monde de rejoindre l’aventure. Aujourd’hui, nous sommes 350 à donner de notre temps pour l’organisation de cette manifestation. »

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Enfant du pays et heureux 2ème de l’Ultra Draille, nous ne pouvions avoir meilleur guide que Nicolas Mejri pour nous présenter les spécificités de ce tracé.

« Le départ se fait à 5h30 aux Causses de la Selle au son d’AC/DC et sous l’éclairage des frontales. C’est toujours un bon moment.
Les premiers kilomètres sont roulants : la course part tranquillement puis accélère progressivement.
On monte doucement sur le point culminant de la première partie, puis on attaque assez rapidement les mono traces dans la garrigues et les rochers. Les quelques parties techniques passent encore bien.
Au niveau du paysage, on a le Pic Saint Loup sur la gauche et la Seranne à droite. C’est superbe avec le lever du soleil.
La descente sur Saint Guilhem est roulante. Elle conclue un début de course plutôt rapide.
Arrive le 1er ravitaillement, à Saint-Guilhem au km24, puis on repart en montant sur les Fénestrels: encore de beaux paysages.
C’est la première montée vraiment régulière. Le soleil commence à se faire sentir.
Un peu relance et un passage sur du goudron avant d’attaquer la suite de la montée au Mont St Baudille.
On est au point d’entré de la Seranne. La monté n’offre pas de difficulté particulière.
On parcourt une dizaine de kilomètres plutôt roulants en alternance de pistes et de monotraces dans les buis. La descente sur Pégairolles marque le vrai début de la Seranne (les cailloux sont bien là). On surplombe la vallée de la Buèges et on peut s’arrêter pour profiter du paysage.
On remonte légèrement sur Pégairolles – le village est perché sur son rocher – pour le ravitaillement (qui fait du bien !).
L’ennemi dans la monté au Peyre Martine est la chaleur: le soleil tape et la chaleur se réfléchit sur le sol calcaire. Attention à ne pas se cramer (dans tous les sens du terme). En haut on passe quelques chemins dans le buis avant de se lancer dans la descente sur Saint Jean. De nouveau : attention aux cailloux et aux chutes.
On arrive à la première base de vie : c’est le moment de profiter d’un bon plat de pâtes et d’un peu de fraicheur.
La montée au Roc Blanc se fait en deux partie: la première monte régulièrement mais c’est toujours de la chaleur qu’il faut des méfier.
Les derniers 200m de dénivelé passent par les rochers de la crête. C’est une partie terriblement frustrante: pas vraiment difficile physiquement, mais les difficultés techniques rendent la progression lente.
On redescend sur Brissac par une alternance de piste et de monotraces techniques.
Au 85ème kilomètre, On en a fini de la Seranne et on met le cap sur St Martin de Londres via le Ravin des Arcs.
Il n’y a pas de grosse difficulté, mais c’est maintenant que les effets de la chaleur et de la Seranne se font sentir: il faut être capable de continuer à avancer dans cette successions de petites montées/descentes.
La deuxième base de vie est située à St Martin de Londres. On est au 109ème kilomètre et on peut profiter des crêpes et se reposer un peu avant de repartir pour la dernière difficulté.
Après un bout de route on se retrouve derrière le Pic Saint Loup que l’on attaque par le nord.
C’est relativement rapide jusqu’à Cazevieille : le dernier ravitaillement.
A part quelques coups de culs au départ la montée se fait bien. On bifurque juste avant la montée à la croix sur la descente. Elle se fait en deux temps: une première partie de mono trace très technique et abrupte. Puis on enchaine sur une piste plus roulante après un replat.
On passe au parking en bas du Pic puis les deux derniers kilomètres se font par la route: Bienvenue à Saint Mathieu de Tréviers – sous les houras de la foule ! »

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Pour Pierre Toussaint, organisateur de cette manifestation, cette 5ème édition est organisée « pour donner du plaisir à nos hôtes. »

« J’ai le réflexe d’écouter les retours des participants pour juger du succès global, ou non, de notre manifestation. Les premiers retours sont excellents. Les sourires étaient sur tous les visages. Un partenaire m’a dit que nous avions encore franchi un palier. J’ai lu que le Festa Trail étaient un événement phare qui sait rester humain. C’est très important de conserver cette proximité chaleureuse. Cependant, lorsqu’on est de l’autre côté de la barrière, on a une vision, bien-entendu, globale de l’événement, des contraintes organisationnelles générales et particulières à notre territoire. Ce côté est évidemment bien moins idyllique. Au-delà des difficultés rencontrées, qu’elles soient administratives, techniques ou financières, chaque année plus importantes, nous avons identifié nos écueils. C’est nécessaire de les traiter au mieux, à la fois pour améliorer le confort des visiteurs, et notre propre confort d’organisateur. La perfection n’est pas de ce monde mais ça reste malgré tout une quête permanente. Mon bilan est donc « encourageant » car lucide à la fois sur nos points forts et nos points faibles. »

Et de rajouter à propos des bénévoles particulièrement mobilisés et investis autours de l’événement :

« Le Festa Trail est un événement « jeune ». Cet événement a une finalité de développement durable. Les aspects « sociaux » sont aussi importants que les aspects « économiques » et « environnementaux ». Créer du lien social à travers le Festa Trail était l’une des clés du succès. Ce lien social permet d’encrer cette manifestation sur le territoire mais aussi de rendre ce territoire encore plus agréable à vivre pour ses résidents. Pour fédérer, il faut que chacun puisse s’approprier la manifestation. Pour se l’approprier, il faut y avoir un rôle à jouer…contribuer à son développement, apporter sa pierre à l’édifice. Pour cela, l’association Festa Trail a été créée. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues et chacun peut proposer ses idées, son aide, enrichir le débat de son expérience, de son réseau, de sa bonne humeur. »

Côté course, la Victoire revient donc à Pascal Giguet en 13h51mn39s devant donc notre coureur aux couleurs locales Nicolas Mejri. Annoncé grand favori, le marocain Rachid El Morabity, quintuple vainqueur du Marathon des Sables, a été contraint à l’abandon dès le 30ème kilomètre. Un arrêt prématuré qui illustre une fois encore les pièges de ce trail « Lorsque j’ai appris l’arrêt de Rachid après le Mont Saint-Baudille, »nous confie Pierre, « j’étais simplement désolé pour lui, comme je le suis lorsque j’apprends l’arrêt de tout autre coureur. Je porte la même importance à chacun. Nous faisons un sport exigeant est l’abandon peut frapper tout le monde, même ceux qui ont les faveurs des pronostics. Cette incertitude du résultat fait aussi la beauté de notre discipline et contribue à nous donner ces émotions lorsque nous sommes parvenus à gravir notre Everest. Il n’empêche que l’Ultra Draille est une course exigeante, atypique. Mais je constate que depuis 2 ans, nous sommes passés de 55 à 70 % de finishers. Le niveau des coureurs a donc augmenté puisque les cailloux sont les mêmes. »

Vous en reprendriez bien encore un peu non …. des cailloux ?

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Informations complémentaires sur le site Festa Trail

Rédaction: Ludovic David avec l’aimable collaboration de Pierre Toussaint & Nicolas Mejri.




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