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Gilles Campet: Quand Dépassement de Soi rime avec Humilité! Par MamZelleK pour Trail Session Magazine

Gilles Campet: Quand Dépassement de Soi rime avec Humilité! Par MamZelleK pour Trail Session Magazine

Ce soir, MamZelleK (Stéphanie Kecir), notre rédactrice de coeur vous dresse le Portrait d’un Mec qui peut passer inaperçu, mais au final ce soir il n’y avait pas moyen… il fallait que nous vous parlions de Gilles. Un Héros à sa façon, mais pas qu’à sa façon… un mec en or dans lequel vous vous reconnaitrez pour son abnégation. Ce soir nous faisons un Focus sur Gilles Campet, un sportif qui a un Rêve: Le Dépassement de Soi malgré un handicap qui le pousse à voir toujours plus loin!

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« Bonjour à tous!

Je vais vous dresser le portrait d’un super héros.

Oui le monde est peuplé de super héros, qui passent inaperçus, ou presque.

Eux-mêmes ne voient pas cette « cape portée » sur leur dos tous les jours.

J’aime les gens, les femmes et les hommes comme vous et moi qui avons pour passion le dépassement de soi!

Aujourd’hui je vais vous parler d’un homme adorable avec un sourire et des yeux sincères qui en disent long.

Mesdames… vous allez craquer !!! » Dixit MamZelleK (Stéphanie Kecir)

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Je vous présente Gilles Campet, né en 1977 cet homme est un traileur longue distances, aimant le trek en haute montagne. Actuellement il grimpe tous les sommets de l’Atlas au Maroc. J’ai rencontré Gilles comme vous au départ d’une discussion Facebook et un jour nous nous sommes croisés sur une course. Je me trouvais a l’arrivée il était finisher, de la Saintélyon. Gilles court avec une attèle de cheville, oui ça ne se remarque pas mais il est un handisport.

Un accident de moto, une fracture du fémur dans sa cinquième année, des soins inadaptés, aggrave son cas, il perd le muscle du releveur et du mollet. En 2005 il subit un transfert de muscle que les chirurgiens greffent sur le dessus de son pied pour pallier au releveur. Il n’a plus besoin depuis de porter son attèle au quotidien mais seulement pour courir. Un nouveau confort pour sa vie de tous les jours «  je pouvais enfin mettre de jolis souliers vernis pour les fêtes de fin d’années ! (rires) »  🙂

  • Blessé à 5ans, dis-moi, quel a été ton rapport avec le sport étant enfant ?

« Petit j’ai fait pas mal de sports collectifs. Ca n’a jamais été un handicap pour moi, mais plutôt une force. Foot rugby, judo, je touchais ma bille !! Je n’étais pas mauvais, par contre… je n’aimais pas courir (rires).

  • Quand et pourquoi l’envie de courir est venue ?

« Je ne sais pas en 2007 j’ai eu envie de courir comme ça, sans raison aucune. Un jour j’ai enfilé ma vieille tenue de sport, mon bon gros jogging en coton tu vois et j’ai commencé à courir, le long d’un cours d’eau sur une ligne droite de 2,5kms aller-retour. Je m’imposais déjà une sorte de discipline. Une sorte de fractionné, ou je ne m’autorisais que des pauses de 2mins de course lente .De fil en aiguille je suis allé courir sur d’autre sentiers. Il m’arrivait de ne pas courir de trois semaines à un mois! Ensuite je me suis pris au jeu et j’ai commencé à courir deux fois par semaine, jusqu’à mon premier dossard qui était les 10kms de Reims avec les collègues du boulot.

Je me suis retrouvé dans un autre monde, courir de tout seul à six mille personnes, c’était énorme !

Et puis arriver sur cette belle avenue Saint Remy, avec tout ce monde qui vous encourage… superbe souvenir, superbe expérience. L’année suivante je courrais mon premier semi et là, j’étais tombé dans la marmite. J’ai commencé à suivre de vrais plans d’entrainements pour courir plus vite plus loin…

  • Quelle course, dans tes souvenirs, t’a le plus marqué ?

« Toutes les courses sont un bon souvenir. J’aime vivre le moment présent de la course, profité du paysage qui m’entoure. J’aime la solidarité du traileur. Si je devais choisir une course, je dirais mon premier marathon. Celui du beaujolais. Je n’étais pas vraiment prêt, en 3h10 j’étais au 32 kms mais je commençais à avoir pas mal de crampes.

Quand mes yeux aperçurent l’arrivée, cette grande avenue, j’ai eu une montée d’adrénaline, les gens qui t’encouragent le sourire des amis….Un plein d’émotions. C’est énorme tu oublies tout, ta fatigue, ta douleur n’est plus, il te pousse des ailes et tu accélères de joie, d’en être arrivé là.

  • Depuis tu as beaucoup progressé et augmenté les distances. A ton palmarès, entre autres: Le Marathon de Paris, la SaintéLyon et la dernière le Grand Raid de Camargue. Raconte-moi, comment as-tu vécu cette magnifique course ? Quel genre d’entrainement as-tu suivi ?

« J’ai suivi un programme, 4 à 5 sorties par semaine, plus des séances en salles de sport. Pendant cette période je ne pensais qu’à ça. La plupart des sorties était un réel plaisir. J’aime le Trail parce que j’aime être dans la nature, ça me ressource et c’est même un plaisir de monter au Mont Aigoual sous la pluie ! (rires). Cette course j’y vais pour finir. L’abandon me fait peur. Au départ je suis détendu, je me sens très bien toutes la première partie, à moitié parcours je commence à avoir des doutes… Quand j’arrive à la base de vie, je me sens vidé, j’ai des ampoules qui me font souffrir, je ne sais pas si je vais repartir. Je me fais masser, ma mère est là, elle me dit qu’il faut que j’arrête… ses mots vont raisonner en moi « arrêter »… ce mot me procure une force, un renouveau d’énergie, il n’est pas question que j’arrête, j’irai jusqu’au bout, pas d’abandon. Mes amis sont là, je les mets toujours a contribution, j’encaisse leurs encouragements et leurs soutient pour terminer la course. »

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  • Qu’as-tu ressenti a l’arrivée ?

« Mon émotion à l’arrivée du Grand raid de Camargue a été anesthésié par ma préparation. Je me suis tellement bien imprégné de mon objectif et mis dans ma bulle que j’ai inconsciemment mis l’émotionnel de côté… dommage ! J’ai du mal à réaliser encore que j’ai parcouru 100kms.

  • Quel message veux-tu faire passer ?

« J’aimerais donner un côté utile, du concret, un but à ces courses. J’aimerais dire aux jeunes qui se trouvent dans ma situation d’ handicap que tout est possible. Je voudrais me rapprocher d’eux et leur montrer que rien n’est perdu et que c’est encore possible avec un handicap.

Transformer ce handicap en une force incroyable!

Merci Gilles pour cet entretien et pour ce magnifique message d’espoir que tu envoies aux jeunes dans ta situation.

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Rédactrice : MamZelleK (Stéphanie Kecir)

Trail Session Magazine, Octobre 2016

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