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Le contrôle de la peur

Contrôle de la peur

Le contrôle de la peur a une justification quotidienne, car c’est ce processus qui caractérise notre niveau d’engagement. Ne pas avoir peur peut avoir une incidence sur la motivation et inversement : trop de peur peut annihiler toutes motivations. Il convient donc de bien calibrer ses projets à court terme, moyen terme et long terme.

Un projet à court terme pourra être une séance de pliométrie, une séance de fractionné, une séance de côtes… Ce qui motivera l’individu sera le niveau d’exigences que vous vous fixerez, ce niveau d’exigence va avoir une incidence sur la peur de ne pas réussir, de ne pas atteindre l’objectif fixé. Cet objectif sera valorisant si vous devez vous engager de manière optimale. Pour cela, vous devrez évaluer vos compétences physiques du moment et celles que vous avez l’objectif d’atteindre. Vous devrez aussi intégrer que c’est le niveau de compréhension et d’engagement qui rendra votre séance qualitative. Si vous ne savez pas pourquoi vous faites ce type d’exercice ou si vous ne comprenez pas la séance, comment pouvez-vous imaginer pouvoir vous y engager consciemment et maintenir les niveaux d’activation de manière optimale. Un projet à moyen terme nécessitera une construction plus fine, « vers quoi je vais dans trois mois et comment je m’y rends ». Nous sommes là dans la compréhension d’une démarche plus globale. C’est un engagement à moyen terme avec un objectif ponctuel.

Exemple : un bloc de musculation, un bloc de foncier, un bloc de spécifique, une phase d’affûtage ou une phase de récupération longue… A l’identique de l’objectif précédent vous devez vous engager consciemment dans cette démarche plus longue et vous servir en permanence de ce que vous faites au quotidien pour valider les points de passages et entretenir votre motivation et votre niveau d’engagement. Si vous relâchez, vous allez basculer dans la partie gauche de zone optimale fonctionnelle. Si vous êtes « sur-actif » et brouillez les cartes, vous allez basculer dans la partie droite qui exacerbe l’activité pour la rendre inefficace.

Dans le cadre du projet à long terme, le fonctionnement devra être construit précisément en substituant les phases actives aux phases inactives. Il faudra régler votre longue vue sans arrêt pour voir loin et parfois avoir un peu peur et revenir plus près pour voir le chemin à parcourir dans les jours à venir. Cette phase est assez difficile car pour la plupart d’entre nous, il est assez simple de planifier des courses sur une année, mais il est plus difficile de calibrer précisément ce que nous venons chercher dans chacune des courses. Il est impossible de planifier 6 courses à vocation de performance dans une saison. Il ne peut y en avoir que 2 ou 3 en fonction de la durée des épreuves. En effet, il est très difficile de maintenir un niveau d’engagement constant sur une saison, de ce fait si l’on planifie trop de courses de performance, on finit par tomber là aussi dans les deux extrêmes (trop d’activation ou plus assez d’activation). C’est pourquoi il convient d’avoir des objectifs de compétences qui vont maintenir en cohérence le niveau d’activation et d’engagement.

Dernier sujet, la course en elle-même, c’est le moment où vous devez être en osmose avec votre ZOF personnelle. Vous devez valider votre niveau d’engagement en évaluant où vous vous situez et ce qui est attendu dans cette épreuve. De cette manière, vous pourrez vous décontracter si c’est une course à validation de compétences en vous concentrant sur les témoins de la compétence. Tout comme vous vous concentrerez sur l’action à accomplir plutôt que sur le résultat dans une course à vocation de performance. Votre niveau d’activation lié à votre engagement sera optimal et ré-ajustable . Pour atteindre cette zone vous devez devenir pro-actif . Vous devez modifier votre approche en devenant un analyste pointu de votre action, dans les deux jours qui précèdent, le jour d’avant, 1 heure avant, 5 minutes avant, au départ, pendant la course mais aussi juste après pour débriefer et comprendre le sens et les actions que vous avez vécus. Le pro-actif est très organisé et prévoit ce qui va se passer ou anticipe ce qui pourrait survenir. De cette manière, il reste conscient et ne bascule jamais dans la réactivité qui, contrairement à ce que l’on croit, a toujours un temps de retard.

Exemple : en art martial, face à une personne agressive on vous apprend à rester lucide et maîtriser vos émotions pour prendre une position latérale favorisant les appuis et permettant la riposte mais aussi protégeant votre corps et ses parties les plus fragiles. Ainsi, vous pouvez agir avant l’action de l’autre et utiliser la force de l’adversaire. Pour vous ce sera les contraintes de la course, les difficultés rencontrées que vous aurez analysées et les postures que vous prendrez, votre état de forme au départ  les ravitaillements, les phases de récupération, le matériel…Chacune de ces actions conscientes et comprises vont vous permettre de rester dans votre zone optimale fonctionnelle.

Dominique Simoncini, coach mental et préparateur physique.

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