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On a testé pour vous le Grand Raid des Pyrénées 2017 !!!

On a testé pour vous le Grand Raid des Pyrénées 2017 !!!

Il n’y pas que les « Tests Matos » sur Trail Session Magazine ! Il y a aussi cette rubrique « Race Report ». Nos rédacteurs courent, vivent de l’extérieur et de l’intérieur les Trails et vous les racontent tels qu’ils les ont vécus… Après le premier volet par Sébastien qui l’a vécue de l’intérieur (jusqu’à son abandon) puis de l’extérieur, c’est au tour de Pierre et Romain de vous conter leur Aventure sur cette 10ème Edition du Grand Raid des Pyrénées 2017 !

Quelques mots de Pierre qui courait sur le « Tour du Néouvielle »

Après mon entorse du « Lucho Aneto Trail » je remets le dossard pour ce GRP avec ce nouveau format de 43km et ses 2400m D+.

Pas mal de monde sur la place de Saint Lary pour le départ avec tous les concurrents chauffés à bloc par les speakers… Quelle ambiance !!!

Le départ reprend celui de ses grandes soeurs jusqu’au « Col du Portet » avant de faire la boucle par le lac de « Port Bielh » et le « col de Bastanet« . Cette partie de la course est vraiment magnifique, mais aussi très technique avec de gros blocs de rocher, et du gros dénivelé au programme.

Le retour lui aussi est nouveau, passant sur la partie gauche du « Col de Portet« , et suivant le Gr10. Une descente pas trop technique mais extrêmement usante, car super roulante !!! Un régal pour ceux qui en ont gardé sous le pied, mais un calvaire pour les autres …

L’arrivée à « Vieille Aure » est comme le départ, et n’a en rien à rougir aux autres « grandes courses »: Le GRP a tout d’une GRANDE 😉

Un nouveau format qui aura su conquérir le coeur des quelques 1200 participants, qui, de l’avis de tous doit être reconduite chaque année tant qu’il le sera possible !

Seul petit bémol que je noterais, et à réfléchir : le positionnement des secours un peu loin de la ligne d’arrivée et pas du tout pratique pour les rejoindre.

Sinon, un grand bravo à l’équipe organisatrice, aux bénévoles présents sur tout les parcours (un balisage HORS-NORME ET IRREPROCHABLE), ainsi qu’à tous les finishers de cette édition 2017 !

Le retour de ROMAIN qui était quant à lui engagé sur l’ULTRA Tour 220 !!!

Difficile de retranscrire en seulement quelque lignes ce que l’on vit sur cette course extrêmement longue, bouclée par le premier Finisher en 30H54 et par les tout derniers en 68H21.

Pour ma part, la ballade ne fut pas toujours simple, je suis passé un peu par tous les stades durant cette épreuve, que ce soit de l’excitation à l’incertitude, du coup de mou au coup de boost, du coup de chaud au coup de froid, de l’envie d’aller au bout à l’envie de tout plaquer, bref, un vrai Ultra comme on les aime que je vais tenter de vous raconter de la plus simple des manières.

Tout a débuté le jeudi 24 aout par un réveil à 04h30 après 06H de sommeil.

Une fois les préparatifs de base accomplis et le petit dej englouti, me voilà en centre ville de Vielle Aure sur la ligne de départ du GRP avec des trailleurs venus de partout et surtout avec tous les potes Bordelais qui avaient décidé tout comme moi de s’aligner sur ce format de 220 km avec pas moins de 13000 md+.

Cette course on en a tous rêvé, par contre une chose est sûre, elle va nous en faire voir de toutes les couleurs et va surtout nous permettre de voir de magnifiques panoramas.

Après un départ de dingue sur du COLD PLAY qui résonnait dans toute la ville, tout comme les encouragements du public bien matinal, nous prîmes la direction du plateau de Néouvielle avec en ligne de mire des points comme Merlans, Bastan, Campana, La Mongie, Le col du Sencours et tant d’autres endroits majestueux.

Merlans c’est le premier ravito, autant dire qu’on y est passé comme des fusées malgré les 16kms et 1500md+ déjà dans les jambes.

Je fus assez étonné de cette première montée durant laquelle j’ai vu plein de participants courir sur des portions qui pour moi étaient loin d’être roulantes… Après, chacun fait comme il le souhaite, mais pour moi sur cette portion ça aura été plutôt marche rapide. On a quand même 220km à se taper mine de rien!

S’en vient ensuite La Mongie qui représente le 32 ème km, et qui pour moi est un ravito stratégique car derrière arrivent des portions ardues comme l’ascension vers le Sencours ou encore la montée et la descente du Pic du Midi qui n’est autre que le point culminant de notre parcours (2876 m d’altitude).

Sur ces passages entre La Mongie et le Col du Sencours, il fait déjà très chaud et très très lourd, il faut donc veiller à bien se ravitailler et surtout à bien s’hydrater.

Ajouter à ces points primordiaux une gestion du parcours en mode je m’emballe pas et j’opte pour une foulée économique et ça passe plutôt facilement.

Heureusement, il y a un autre ravito important sur lequel on passe à deux reprises au pied du Pic du Midi. Pour moi, ce sera le « ravito bichonnage », car la maman de ma chérie y est en tant que bénévole, je vous laisse donc imaginer le traitement de faveur que j’y ai reçu, bols de soupe, petits sandwichs, bananes, c’était du all inclusive…

La suite du parcours ne s’allège pas. La traversée qui relie le Col du Sencours à Hautacam est dans la même lignée que les précédentes, très difficile, car là, c’est 20km en plein soleil sans une pointe d’ombre et sous un vent qui vous assèche.

Ne me demandez pas pourquoi ce passage là est si difficile, je ne me l’explique pas moi même… La seule chose que je sais c’est qu’à chaque fois sur cette portion c’est pas loin de 04h00 d’efforts et franchement ça laisse des traces. Heureusement pour moi, je n’ai pas eu à affronter cela tout seul car j’ai été rejoint au 50ème km par mon pote Pierre et franchement à deux c’est bien plus plaisant.

Une fois Hautacam atteint, le trajet se fait plus simple, et la première base de vie de Pierrefitte pointe enfin le bout de son nez après un passage dans Villelongue, qui m’aura marqué cette année par la gentillesse d’un riverain qui nous aura arrosé quand la chaleur était étouffante en cette fin de première journée.

Pierrefitte, c’est là où la course a pris une toute autre tournure pour mes camarades et moi…

Déjà, c’est la première base de vie, donc un premier objectif est enfin atteint. En plus, surprise, on a le pote Fabien qui est là et qui nous informe qu’il sera sur tous les ravitos, quel plaisir!

Après une journée longue et éprouvante, on se retrouve devant un bon plat de pâtes (un peu sec) et c’est à ce moment bien précis qu’on nous a annoncé que le parcours allait être modifié à cause des conditions météorologiques, très compliquées à une cinquantaine de km de là.

Je ne sais pas trop si on était content ou pas sur le moment… Certes, l’aventure devenait différente et le projet prenait un sacré coup dans l’aile, mais la première journée avait tellement était dure et avait déjà tellement causée de casse dans les 570 partants qu’au final on était presque rassuré de savoir que ça allait être plus simple.

Une fois les pâtes avalées, la douche froide prise et les vêtements tout propres enfilés, il était grand temps de partir affronter la nuit qui venait de s’installer depuis environ une petite heure.

Cette nuit là, fut marquée par une succession de deux montées, de deux descentes interminables. Les ascensions se nommaient Turon de Bennes et Col de Ilhéou. La première fut longue avec ses 1175 md+ mais vu qu’on sortait de la base de vie ça s’est plutôt pas trop mal passé pour moi. La seconde quant à elle ne fut pas si facile avec ses 1200md+ et avec la fatigue qui commençait à me tirailler malgré une tentative de micro sieste de 25 min à Estaing.

Bref, au final, cela ne m’aura pas empêcher d’atteindre Cauterets au petit matin accompagné de mon pote Pierre et d’un autre valeureux trailleur nommé Yves.

A Cauterets, on prend les mêmes et on recommence, douche (chaude cette fois-ci), ravito type petit dej grâce à Fab, tenue toute propre, changement de pneumatiques, tentative de dodo express et bim on repart alors qu’il est 08H50.

A ce stade, on aurait normalement dû repartir pour pas loin de 56 km afin de rallier la base de vie de Luz, mais comme je l’ai dit plus haut, la météo en a décidé autrement et nous voilà donc parti pour un parcours bis de 25km nous menant au même endroit.

Ces 25 km on les connait bien, à quelque chose prêt, on les a fait l’an passé sur le 160km, donc pas trop de surprises, on sait ce qui va nous arriver et on repart pour une nouvelle journée avec le sourire.

Après les deux sommets de dingue de la nuit, nous voilà parti pour un nouveau sommet de 1000md+. En fait, depuis le départ de Pierrefitte on enchaine les KV dans un sens comme dans un autre, franchement, c’est pas super désagréable, je le vis plutôt bien mais ça fracasse les jambonneaux .

Ce petit réveil musculaire du samedi matin fut pas si mal en fait, Luz pointa le bout de son nez à 13H10 sous les encouragements des riverains et surtout sous ceux de ma pote Ambre qui avait fait le déplacement jusque là pour m’accompagner sur le ravito, pendant que son homme se mettait le compte sur le 120km.

Bon beh là, ce fut ravito au top, entre Fab qui est là depuis Pierrefitte et Ambre qui est sur celui-ci, autant dire que j’ai pas bougé du banc et que c’est eux qui ont tout fait… A part manger les pâtes bien entendu 😉

13H48, c’est reparti, il reste 48 km, une très grosse montée, une moyenne, une plus petite et une super longue descente. Le nouvel objectif est simple, il faut avancer au maximum tant qu’il fait jour afin d’avoir le moins de km possible à faire de nuit.

Bon, sur le coup ça commence mal, car à peine je quitte Luz que je me cale dans l’herbe à l’ombre d’une bâtisse pour une petite sieste de 15 minutes. Si peu de temps, ça passe vite, mais c’est salvateur et ça me requinque.

Une fois reparti, qui je retrouve devant moi, mon pote Pierre que j’avais laissé au massage à Luz à mon départ de la base de vie. C’est quand même énorme, on aura pas arrêté de fair le yoyo tous les deux depuis le Sencours.

Le ravito de Barège fut expédié car je ne voulais pas m’y attarder. Ce stop fut synonyme de pause sieste pour Pierre, me revoilà donc parti à nouveau tout seul dans mon aventure mais pas pour longtemps.

Et oui, pas pour longtemps car c’est juste avant la Hourquette Mounicot, dans un champs de cailloux (que je vous souhaite de ne jamais rencontrer), que Pierre s’est décidé à me rattraper encore une fois.

C’est dans ce lieu lunaire que je me suis cogné un gros coup de mou de l’espace, le truc qui te cloue sur place, le moment où ton esprit te dit que tu ne dois surtout pas rester assis, que tu dois te lever et partir de là alors que ton corps te dit de son côté que si tu bouges d’un centimètre il va te faire comprendre que lui n’a pas du tout envie de ça…

Bref, heureusement que mon pote est passé par là à ce moment là, car c’était vraiment pas le meilleur moment de ma course. J’ai donc pris son pas, j’ai serré les dents, et le coup de bambou s’en est allé.

Une fois la Hourquette Mounicot atteinte, il suffisait juste de regarder le spectacle que la nature nous offrait avec le soleil qui commençait à se coucher, et là, tout allait déjà beaucoup mieux.

En haut de ce sommet, il nous restait environ 30km, la nuit n’allait pas tarder à nous avaler, mais le plus dur était enfin derrière nous. A présent, plus rien ne pouvait nous empêcher d’atteindre l’arrivée.

L’autre certitude qu’on avait également était que sauf pépin physique de dernière minute ou imprévu on allait finir cette course entre potes ou du moins allions essayer de faire ce qu’il fallait pour.

La descente jusqu’à Oredon ne fut pas simple au départ car elle était bien pentue, mais après quelque hectomètres cette dernière fut bien plus plaisante et nous permit de recourir à nouveau, ce qui ne nous était pas arrivé depuis pas mal de kilomètres.

Le ravito d’Orédon s’offrit à nous après un passage sur une route que je qualifierais de « route interminablement chiante », mais bon, ça fait parti du jeu et c’est sur de longs passages comme ça que tu vois également si t’as le mental ou si tu ne l’as pas.

Orédon fut pour nous l’occasion de s’allonger un petit quart d’heure car les coups de fatigue faisaient à nouveau parti de la course. Ce fut donc dodo pendant 12 minutes, ravito à base de bonbons et autres trucs qui nourrissent pas mais qui font un bien fou et hop nous voilà repartis pour les dernières difficultés.

Dernières difficultés qui furent en fait de simples formalités; à croire que le dodo fut salvateur et que l’odeur de la ligne d’arrivée était en train de nous faire pousser des ailes. La montée du Col d’Estoudou que je craignais tant avant Orédon fut même un moment super sympa avec Pierre et Sébastien qui nous accompagnait depuis la descente sur Orédon.

C’est à 00H15 que le dernier ravito de Merlans nous ouvre ses portes sous un vent de folie. A ce moment bien précis, il ne nous reste plus que 14km avec 200md+ et surtout 1420md- qui laissent présager un bon cassage de fibres musculaires avant de passer sur le tapis rouge.

On se ravitaille donc rapidement et on repart vite avant de se refroidir car franchement à ce moment là ça pelait grave.

Les 200 md+ qui se dressent devant nous furent cavalés en un temps infime tant on avait froid et tant on avait l’impression de se réchauffer en appuyant comme des ânes sur nos bâtons.

Que dire de la dernière descente si ce n’est que celle ci fut une délivrance… Au départ, on avait décidé d’un commun accord d’alterner marche et course pour ne pas trop subir, mais au vu de l’inclinaison de la pente, cela était tout bonnement impossible et finalement, on ne fit que courir jusqu’à Soulan.

Une fois Soulan passé, il ne nous restait alors plus que 6 km, ce n’est donc pas à ce moment là qu’on allait se mettre à marcher… On a donc englouti les derniers kms à toute vitesse, comme si nous n’avions rien couru auparavant.

Ce moment était dingue, l’adrénaline était en nous, on a doublé pas loin de dix personnes sur la dernière descente, rien ne pouvait ralentir notre course, on avait tout bonnement l’impression de voler.

Les deux derniers kilomètres furent avalés avec une moyenne invraisemblable de 14km/h, et là, ce fut enfin la délivrance:  l’arche, le tapis rouge, les speakers, les potes, les copains, les amis, les photographes…

Pwwwwwa un feu d’artifice d’émotions, de sourires, de tapes dans les mains, de photos et de moments de partages que je souhaite à chaque coureur de vivre au moins une fois dans sa vie.

Mais quel moment de dingue, ces 44H29 auront été extraordinaires et tout ça grâce aux bénévoles, aux amis présents sur les ravitos et à ceux présents sur la ligne, à mes proches et bien entendu à ma chérie et mon fils que j’aime tant et qui m’auront accompagnés dans mon coeur et dans mon esprit à chaque moment de ma course.

Rédacteurs : Pierre et Romain pour Trail Session Magazine

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Trail Session Magazine, Septembre 2017

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