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Ras le bol des tendinites ?

Tendinite

Tendons d’Achille, du tibial postérieur, rotulien, et quelques autres… Des pathologies bien connues des coureurs, avec comme principales causes retenues, bien sûr, la surutilisation musculo-tendineuse au cours des entraînements et des compétitions. Et principalement dans les disciplines comme le Trail où la nature du terrain et le recours à ces éléments d’équilibration du corps leur demandent un travail particulièrement soutenu… On se contente de cette explication logique, on soigne localement, voire par voie générale… Si l’on est bien raisonnable, on attend que tout soit rentré dans l’ordre (inflammation guérie) et on reprend enfin l’activité habituelle.

C’est un tableau fréquent. Mais parfois, et même souvent chez certains sujets, il y a récidive. On peut toujours incriminer les mêmes facteurs, surtout si la « blessure » se manifeste au même endroit. Les choses commencent à devenir plus ennuyeuses quand la pathologie atteint un autre élément tendineux, surtout de l’autre côté, et à plus forte raison si elle concerne une région tendineuse qui n’a plus rien à voir ​​​​directement avec notre sport : coude (épicondylite ou épitrochléite), épaule (tendinites du supra-épineux ou de ​​la coiffe des rotateurs), pour ne citer que les plus fréquentes…​​​​

Avant d’incriminer la loi des séries, le retour de la poisse, le contenu de son assiette (alors qu’on a déjà éliminé tous les aliments susceptibles de nous acidifier le corps), ou la malédiction proférée par son ex !…, il faut penser à se tourner vers un professionnel de santé parfois redouté (donc souvent trop peu consulté) : le chirurgien-dentiste !

1- Oui, c’est vrai, j’ai une carie (au moins) que je devrais bien faire soigner…​

Eh bien c’est le moment d’aller faire traiter cette dent. Et en profiter bien sûr pour faire effectuer un bilan parfois révélateur de lésions supplémentaires, évoluant à bas bruit, mais tout aussi capables d’être à l’origine des tendinopathies.

Par quel mécanisme ? Tout simplement un phénomène connu sous l’appellation de « greffe bactérienne » ou de « foyer inflammatoire migrant » (une simple inflammation, même très discrète et sans infection peut parfaitement remplir ce rôle de vecteur de tendinite…). Un microbe ou une inflammation gengivo-dentaire peut, par simple voie sanguine, aller élire domicile dans une de ces « voies de garage » médicalement connues, dont les tendons sont l’un des principaux éléments.

2- Non, mes dents sont parfaites, je ne souffre pas et je n’ai pas de caries

 Lors de la consultation qui vérifiera cette affirmation, le praticien effectuera une radiographie panoramique des maxillaires et, dans beaucoup de cas, il pourra mettre en évidence une anomalie silencieuse, « asymptomatique », mais qui peut parfaitement engendrer le même mécanisme lésionnel et les mêmes conséquences au final (kyste sous une couronne, une racine, etc…)

Le dentiste n’a rien trouvé…

 Eh bien, comme dirait La Palisse,… c’est que le problème n’est pas dentaire ! Et les foyers infectieux et/ou inflammatoires ne sont pas l’apanage de la bouche. Nos voies respiratoires entre autres peuvent en être le siège : sinusites (aiguës ou chroniques), polypes sur les muqueuses, etc… Les oreilles également (otites séreuses notamment). D’autres causes inflammatoires sont parfois rencontrées : inflammations matinales de l’arrière-gorge par reflux œsophagien durant le sommeil, « kystes » divers (kystes ovariens, polypes , etc…).

 Il existe aussi une pathologie assez discutée, encore actuellement aussi mal cernée que mal diagnostiquée : la fibromyalgie ou SPID (Syndrome Polyalgique Idopathique Diffus). Elle associe essentiellement une fatigue, des troubles musculo-squelettiques douloureux sans causes mécaniques ni traumatiques… (douleurs musculaires, tendinopathies, etc…) pour ne parler que des manifestations qui nous concernent… C’est un problème qui méritera prochainement un chapitre dédié. Sans compter que des modifications de la dentition, quelles qu’elles soient, entraînent très souvent une perturbation du rapport entre les deux maxillaires et des troubles portant sur « l’articulé dentaire » : déséquilibre lors de la mastication et du serrage des mâchoires. Quant on connaît la notion de chaînes musculaires et articulaires concernant TOUT notre squelette, on conçoit à nouveau ici les répercussions dents > articulations (rappelons seulement que cela concerne le simple « serrage des mâchoires ») et, lorsque l’on sait à quel point beaucoup de coureurs ne savent pas se relaxer et courent « dents serrées » (demandez au passage à votre dentiste son avis sur l’usure souvent asymétrique de votre table dentaire…), on comprend que les tendinites ne proviennent pas uniquement… de leurs jambes !!!….

En résumé : une tendinite ou ténosynovite (nous reviendrons là aussi sur ces pathologies précises ultérieurement), oui, passe encore ! Plusieurs tendinites, surtout rapprochées, disséminées, sans cause physique évidente : un examen s’impose, un diagnostic à distance est à évoquer, et bien sur le traitement approprié est à mettre en œuvre.

Daniel Dubois, Ostéopathe du Sport.

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