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Interview Kilian Jornet

Interview Kilian Jornet

Bonjour Kilian et merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions au sujet de votre 3ème volet de la série « Summits of my life ».

Tout d’abord, bravo.

Bravo pour votre courage et votre humilité, à vous, ainsi qu’à l’équipe du film.
Nul doute qu’il n’a pas dû être facile de vivre les moments que vous avez vécus. Même si cela semble évident ma première question est la suivante :

T.S. : Comment avec vous appris la nouvelle du tremblement de terre et combien de temps vous a t-il fallu pour prendre la décision de maintenir votre départ?

Par les news sur les réseaux sociaux et après,  sur les chaines d’information. On était dans les derniers préparatifs pour partir (on partait le lendemain matin). On a discuté entre nous et on a vu qu’ on avait envie d’essayer d’apporter notre aide.

T.S. : Vous êtes parti avec un habitué des lieux (Jordi). Quel a été votre rôle à ses côtés?

Jordi est allé 28 fois au Nepal, il connait beaucoup de gens la bas, de très proches amis. C’est lui qui avait les contacts pour savoir l’ état des endroits, les problèmes, comment aider, oû… Mais aussi la culture Népalaise, comment on pouvait aider, comment agir…

T.S. : Comment avez vous géré émotionnellement votre arrivée sur les villages dévastés ?

Bon, là bas tu n’es pas trop à penser à tes émotions, il y a des choses à faire, donc on fait, on ne pense pas comment on se sent. C’est plutôt au retour en Europe où on sent plus les émotions de ce qui s’est passé et on relativise sur des problèmes par rapport à ceux d’ici.

T.S. : Pendant le tournage y a-t-il vraiment eu des moments où tu as eu peur pour ta vie ou pour vos vies ?

On est allé dans des endroits en montagne où c’était instable, avec des chutes de pierres intermittentes. C’est dangereux, oui, pas beaucoup plus non plus que quand on part pour une expédition.

T.S. : Est-ce que les diverses marches que vous avez faites, vous ont fait craindre le pire à un moment ?Kilian-Jornet-and-Jordi-Tosas-in-Langtang-Valley-600x330

Arrivés à Kathmandu on a vu qu’ il y avait plein de régions qui n’étaient pas trop affectées, il y avait notamment 2 ou 3 régions au Nepal très très affectées et le reste était dans un ordre assez normal, ceci dit les constructions au Nepal sont très pauvres donc avec peu de mouvements sismiques elles seraient tombées. Dans les régions du Langtang il y avait encore des dangers à cause des vallées très abruptes et les chutes encore présentes, mais au reste il y avait pas trop de dangers, juste de l’aide à apporter.
Kilian Jornet 2015-Irene Serrat(2)

T.S. : J’imagine qu’il y a un avant et un après catastrophe, te sens-tu différent ? Est-ce que tu relatives encore plus quand tu reviens en Europe ? Est-ce que ce drame va ou a déjà changé ta vie ?

Surtout tu relativises sur les problèmes qui peuvent nous sembler grands et comment on fait des montagnes des petits problèmes. C’est plus facile à prendre la perspective des choses que l’on fait. Aussi, comment les Népalais agissent avec grande force et minimisent le pire.

T.S. : A t-il eu un impact sur votre pratique, parfois extrême de l’alpinisme et de la course à pied ?

Non je ne  pense pas mis à part la relativisation des problèmes et que tout est un apprentissage qui nous fait changer.

T.S. : Etes-vous restés en contact avec certains Népalais ? Qu’en est-il du village auquel été très attaché Jordi, Langtang ? A t-on pu commencer sa reconstruction ? Est-ce que malgré l’aide apportée, tu t’es senti impuissant face à l’ampleur de la catastrophe ? 

 Je suis retourné au Nepal en octobre, au Khumbu, la situation était normalisée, il y avais moins de tourisme que d’habitude, ils en attendent pour reprendre comme avant. Au Langtang on a des nouvelles à travers des amis de Jordi et de l’association SOS Himalaya avec laquelle on collabore. Pendant l’hiver ils n’ ont rien pu faire, puis là tout juste, ça commence à s’organiser pour transporter les matériaux nécessaires à la reconstruction des villages qui devrait se faire pendant cet été.

T.S. : Concrètement et pratiquement que peut-on faire encore aujourd’hui pour ce peuple meurtri ?

Y aller, ne pas arrêter le tourisme, cela serait le pire. Avec l’argent qu’on dépense avec nos voyages, en faisant travailler les gent aux Lodges…C’est une grande partie du Nepal qui vit du Tourisme.
De notre coté on a commencé un projet solidaire pour collaborer à la reconstruction de la vallée du Langtang, les dons peuvent se faire toujours sur notre site internet: http://summitsofmylife.com/nepal

T.S. : Où en est ton projet summits of my life, à l’Everest  ?

L’idée c’est d’y aller en fin été.
Rédaction : Loïc



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