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Ultra Mirage® El Djerid 2018 : ou comment faire le Désert en soi et appartenir à la Famille des Miragistes !

Ultra Mirage® El Djerid 2018 : ou comment faire le Désert en soi et appartenir à la Famille des Miragistes !

Cet Ultra Mirage® El Djerid 2018 aura marqué les esprits, tout comme la première édition vous me direz, mais il semblerait que là c’était encore différent, et Sébastien sera bien placé pour vous en dire plus à ce sujet.

Courir cette aventure fabuleuse au cœur du Chott El Djerid en Tunisie, ce n’est pas seulement gravir des dunes, arpenter 100km dans le sable et sous un soleil de plomb, non c’est aussi « faire le désert en soi » et repartir « miragiste ». C’est repartir avec un sentiment de légèreté et d’appartenir à une grande et belle famille.

Ultra Mirage El Djerid 100K 2018

Ultra Mirage El Djerid 100K 2018 is over. Congratulations to all Bravehearts winners, finishers and participants. You totally rock 🤘Ultra Mirage® El Djerid 2018 September 29-30th | Bravehearts is presented by Assurances BIATDiscover Tunisia | GO Sport Tunisie | Oh Mouch Normal | Tunisair | Fourat #UMED100K #UltraMirage2018

Publiée par Ultra Mirage sur Dimanche 30 septembre 2018

 

La première édition de cet événement d’ampleur internationale avait été un franc succès. Les pionniers semblaient subjugués et ébahis par leur course. Sébastien, notre rédacteur, faisait partie de cette famille de miragistes pionniers ; ses yeux remplis d’émotion me donnaient envie d’aller vivre cette aventure pour mieux la palper et la comprendre.

Parce qu’avant même que nous la courrions, j’avais été captivé par le projet de cette organisation audacieuse menée par Amir et Raya, mais bien entendu pas qu’eux… Il avait été évident que Trail Session Magazine se devait de soutenir non pas seulement une course mais tout un projet !

Car l’Ultra Mirage® va au-delà du Sport et de l’Ultra : il permet à une économie locale et un Pays de se re-développer et de re-faire découvrir une région : en l’occurrence sur l’UMED c’est Tozeur et plus particulièrement le Chott El Djerid, célèbre pour ses paysages de Star Wars, Oasis et Dattiers 🙂

La 1ère édition n’avait pas pu avoir lieu sur le parcours initial suite à des averses de pluie plus qu’abondantes, qui avaient suscité de nombreuses inondations sur l’ensemble de la Tunisie. Le parcours était dévasté, et la solution du parcours de repli, obligatoire.

En quelques heures, l’organisation avait donc dû se rabattre sur un nouveau parcours de deux boucles de 50km. L’élément facteur naturel grave n’avait pas entamé le moral de cette organisation solide, qui avait alors su faire rêver les Pionniers, alors deux fois moins nombreux, que pour cette seconde édition des Bravehearts ! Le point de départ et d’arrivée avaient été conservés, au cœur du village de Star Wars, ce qui fait aussi l’âme de cet Ultra Mirage.

Comme rien n’est jamais simple pour ces organisations méticuleuses, sur cette seconde édition le vol interne du second groupe d’arrivants allait connaître plus de 6h de retard ! Et certains participants, dont des italiens attendaient ce vol interne depuis parfois 8h le vendredi matin !

Bien entendu l’organisation n’y était pour rien, n’empêchant pas l’agacement de certains, mais très vite l’Esprit Ultra Mirage prenait le dessus, et les sourires ont repris le pas sur l’impatience et la fatigue du voyage. Tout le monde parlait de l’Aventure à venir, et commençait à partager, ce qui rendait le temps un peu moins long !

Sur proposition d’Imen, fabuleuse et intrépide bénévole de cette organisation, nous (la Famille Cantéro, Oriane Dujardin et moi-même) avons pu visiter Carthage l’après-midi , en attendant notre vol interne de Tunis vers Tozeur où se situait l’Hôtel qui nous accueillerait.

FA-BU-LEUX !!! Voilà ce que je peux dire. Le temps était bien trop court pour tout voir de Carthage, mais nous avons pu nous imprégner de la Tunisie, de son Histoire ! Venir courir c’est aussi venir visiter, découvrir une autre Culture, une autre Histoire.

Un moment qui nous a aussi permis de rencontrer Oriane, que nous avons adoptée et qui fait à présent partie de la Famille Trail Session Magazine.

Après un beau coucher de soleil depuis le « Café des Délices » 😉 il était temps pour nous de regagner l’aéroport afin de prendre notre vol pour Tozeur, nous quittions donc Carthage aux alentours de 18h. Et le retard s’est encore accentué : nous ne sommes partis qu’à 21h pour arriver à l’Hôtel de Tozeur vers 23h où nous étions accueillis dans les chants et la joie (et de soulagemen) par l’Organisation et les Bénévoles !

Les esprits échauffés étaient à nouveau calmés par cette chaleur humaine familiale contenante. « Mine de rien », quel manque de chance pour l’organisation, nous étions plus de 60 tout de même, quasiment la moitié du peloton !

Cela allait avoir un impact sur les abandons le lendemain. Notamment le mien. Couché à 2h30 du matin après une journée aussi intense, et levé à 4h pour le petit-déjeuner, puis un départ en bus de l’hôtel à 5h, pour un départ de la course à 7h… disons que les conditions n’étaient pas idéales pour aller au bout. Surtout dans mon cas. Ce n’est pas seulement une question d’émotions, mais bien de fatigue physique, et nous en avons discuté avec Raya de l’Organisation, il serait tout de même plus judicieux que tous les participants arrivent la veille. Ne serait-ce que pour prendre le temps de se poser, et que tout le monde puisse aussi assister au briefing de veille de course.

Mais je me répète, et j’y tiens, l’organisation n’y était pour rien, je ne cherche pas à appuyer sur ce détail pour leur nuire, mais simplement être honnête vis à vis de 60 personnes qui ont attendu et me liront peut-être ; mais aussi parce que je sais que l’Organisation a beaucoup « souffert » de ce retard de vol, et réfléchit à comment pallier à un tel incident.

Cela fait partie des aléas malheureux, même de l’organisation la plus millimétrée ! Pour ce qui est question de « millimétrage », cet Ultra Mirage® met tout en oeuvre pour que cette Grande Famille passe un merveilleux moment, et ça a été le cas malgré tout.

On ne peut donc absolument pas dire que « tous les voyants étaient au vert », ce serait oublier que plus de 60 personnes n’ont pas eu de briefing du fait de ce retard, qu’ils n’ont pas pu se reposer, dîner, préparer leurs affaires et se coucher tôt… mais il est vrai que par contre ce parcours mythique allait pouvoir être parcouru dans son intégralité  cette année !

Entre 6h et 7h du matin sur le Village de Star Wars, l’ambiance était festive, et cette péripétie de retard de vol oubliée, du moins sur le plan psychique… parce que l’organisme lui, n’avait pas oublié, et le ferai comprendre. Pour ma part je précise. Car ce ressenti là, physique, reste très subjectif, et lié à l’état physique de chacun.

En effet, si on regarde de plus près les statistiques d’abandons, ok les 3/4 des abandons se situent au KM51, et concernent pour la majorité les gens qui ont connu ce retard de vol. Mais j’ai aussi deux exemples qui étaient avec moi qui contredisent ces statistiques. Sébastien qui boucle en plus de 14h et Oriane qui fait 2ème Féminine et 11ème au scratch !

Alors bon… Je me suis attardé sur ce vol interne retardé, parce que dans mon récit, et donc dans mon cas (je suis papa d’un petit Léo qui ne fait pas ses nuits 😉 ) et bien cela a été de la fatigue supplémentaire entraînant ce qui m’est arrivé plus tard pendant la course. Je pose cette analyse dans mon début de récit pour la simple et bonne raison que j’ai appris et su que des personnes en voulaient à l’organisation.

Ok je comprends votre désarroi, mais je vous pose la question suivante : comment n’arrivez-vous pas à comprendre que tout comme la Nature l’an passé, l’Organisation n’a AUCUNE maîtrise sur les vols internes, ou sur l’annulation d’un vols ?!

Aussi, pour revenir à ce départ et ces 130 participants sur la ligne de départ à 7h du matin (car c’est le plus important), j’ai été stupéfait par l’effervescence du Trail Running et de l’Ultra en Tunisie !!! Que de Tunisiens présents !!! J’y ai fait de sublimes rencontres, dont Nawel au KM23 (photo ci-dessous) !

Petit aparté : j’ai aussi été surpris (désagréablement) de lire dans un article retour d’un français présent, que l’Ultra Mirage® est « une première en Tunisie, où le Trail n’est pas encore une discipline connue ». Ce n’est pas du tout le cas, et rencontrer et discuter avec ces tunisiens présents, m’a bien prouvé tout le contraire de cette affirmation erronée. Les Tunisiens sont passionnés de Trail et de Running et il y a un réel essor dans ce Pays qui émerge depuis 2011 suite aux révolutions, et qui a connu et connaît encore une dure période économique. le Trail Running s’y développe, il y a de nombreuses courses et une communauté qui se connaît et se côtoie sur ces événements.

L’Ultra Mirage® réunit plus de 20 nationalités sur sa ligne de départ (ça c’est fabuleux aussi je trouve : comment le sport a cette capacité à faire rencontrer des gens du monde entier sur un événement sportif) dans les décors choisis par Georges Lucas pour tourner Star Wars ; en effet l’Ultra Mirage® réunit au-delà de tous les clivages sociaux et culturels, au travers d’un seul et même vecteur de cohésion et d’unité : le Sport !

Aussi, comme tout n’était pas facilité cette année encore, la tempête de sable du début de semaine avait renforcé la difficulté du parcours, et les températures de plus de 38 degrés au plus fort de la journée n’allaient pas non plus épargner les organismes.

Ce sont des aléas de course, des imprévus, et en attendant, avec Sébastien nous allions prendre un  départ ME-MO-RA-BLE ; pour ma part j’allais laisser entrer le désert en moi, au point de le laisser toucher mon cœur… et de le faire palpiter un peu trop fort ( dira-t-on ! 😉 )

Ce Samedi 29 Septembre 2018 à 7h nous étions donc 130 Bravehearts à nous élancer sur ces 100km de l’Ultra Mirage® sous une température plutôt clémente et même un petit vent frais, qui ne durera pas. Le départ, comme je le disais, a été donné depuis la zone de départ (ligne d’arrivée aussi, puisque c’est une grande boucle de 100km dans le Chott El Djerid) au cœur des mythiques décors de Star Wars dans le village de Ong Jmel.

Après la récupération des balises GPS et le discours du Directeur de Course Amir Ben Gacem, le départ était donné dans une ambiance et un paysage que je peux encore voir en fermant les yeux.

Oui, sans exagération, ce Désert est entré dans mon âme et mon cœur, et n’est pas prêt d’en sortir. Chaque moment est figé dans mon esprit. Je m’excuse encore, au passage, pour le côté décousu de ce récit 😉

La frénésie du départ, DES départs, se fait ressentir les premiers kilomètres… des coureurs sont partis sur des bases élevées, à plus de 12-13km/h, je me dis qu’il y a des « sacrées machine » ; quant à nous avec Sébastien nous apercevions ces 20-25 coureurs devant nous, et restions sur une base de 10.5-11 km/h maximum. En gros on ne s’emballait pas et on restait sur notre plan, à savoir ne pas s’entamer la première moitié, et rester ensemble autant qu’on le pourrait.

Nous papotions, tout allait bien, pour lui comme pour moi. Nous avions vu passer Rachid El Morabity tranquillement, il remontait progressivement vers ce paquet devant… Les kilomètres s’enchaînaient, nous savourions ces fabuleux paysages, nous en prenions « plein les mirettes » ! Décrire avec des mots est quand même hyper subjectif, mais je ne me prive pas de superlatifs : MAGNIFIQUE, GRANDIOSE, FABULEUX, SUBLIME, … A VOIR ABSOLUMENT !

20km de pur plaisir pour ma part. Jusqu’au premier ravitaillement où les bénévoles commençaient déjà à nous asperger d’eau, et où il fallait déjà recharger la poche. La chaleur commençait déjà à se faire ressentir et n’allait plus s’arrêter de grimper. Nous trouvions le parcours roulant, et Sébastien me disait même : « Je ne me souvenais pas qu’il y avait si peu de sable ». Pouahhh, je crois que même lui a dû repenser à cette phrase par la suite…

Le sable, ce sable de fou (les guêtres étaient nécessaires cette année suite à la tempête du début de semaine – prudence pour l’an prochain) m’a été fatal dès la première petite montée, et dès les premières chaleurs de la journée. Le cœur est anormalement passé de 125 pulses à plus de 180 pulses. Comme ça en l’espace de même pas 5 minutes. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait :-/

Et oui… c’était la fatigue, cette fatigue qui rattrape toujours les organismes éprouvés. La fréquence cardiaque est un bon indicateur de cette dernière : trop élevée ce n’est pas bon, trop bas ce n’est pas bon signe non plus. Au 23ème KM pour moi plus aucun objectif de finir en 10h ; je me faisais déjà checké par le Staff Médical.

Pendant 25KM (du KM23 au KM48 mon abandon) je peux vous dire que le Désert et moi on a fait qu’un. Je suis sûr que les autres membres de la famille des miragistes savent de quoi je parle. Courir dans le Désert, CE Désert là en tout cas, moi ça m’a marqué l’âme au fer rouge à jamais ! J’ai eu le temps, même si je ne suis pas finisher, de faire un vide complet, puis un bilan total avec moi-même. Au KM35 je me suis ravitaillé, changé, fait masser, je voulais faire check point après check point, step après step… mais le cœur continuait de me jouer des tours, et puis… je ne pouvais à présent (après le KM35) plus boire ni manger… et oui… c’était le début de la fin, la fin de l’Aventure. Et cette loooooooonguuuuuueeeeeee ligne droite m’a été fatale.

Le médecin qui passait là dans le 4X4 (quelle superbe organisation quand même !!! Faut le dire !!! Un Staff Médical au Top digne de cet événement INTERNATIONAL) m’a fait comprendre que c’était trop dangereux… que je devais arrêter. J’ai pris un gros coup au moral (abandonner n’est jamais simple), mais hors de question de ne plus revoir mon petit Léo et mon épouse.

Et j’ai bien fait. La suite je vous la raconte rapidement : j’ai été rapatrié au KM51, perfusé à deux reprises, puis amené à l’Hôpital de Tozeur pour bilan sanguin et électrocardiogramme. Tout était ok. La raison de ces malaises : fatigue extrême accumulée, pas que du vol, une accumulation je me répète… j’étais carencé en tout, notamment en potassium. J’ai fait toute la batterie d’examens qui va bien à min retour, et rien à signaler ! Depuis, je recours, j’ai mêmes raccroché deux dossards, le premier sur un 11km valloné en course en 42min, et le Marathon à Toulouse.

Mon cas est subjectif dans le sens que cet Ultra Mirage était mon premier objectif de la saison après un arrêt du sport de plus d’un an, et quelques 22 kilos perdus entre Mai et Juillet de cette année… notre premier enfant est né fin mars… J’ai connu un gros stress professionnel fin août et début septembre, ajouté à cela un mois d’août où avec la perte de poids rapide et la canicule je m’étais senti épuisé.

Tout ce que je retiens aujourd’hui c’est que ce Désert est mon Ami et que vous, Miragistes êtes ma Famille ! Je n’oublierai JAMAIS chacun de vos sourires. Vous avez su me soutenir, et le lendemain vous êtes venus vous assurer que j’allais bien ! MERCI !

J’ai participé à pas mal de courses depuis maintenant 10 ans, mais cet UMED m’a marqué à jamais ; je reviendrai en 2019, car j’ai 52kilomètres à boucler, et des choses à lui raconter à ce Désert ! J’ai aussi beaucoup à partager avec vous <3

Pour ce qui est du reste de la course et des 52KM que je n’ai pas pu vivre… Sébastien vous racontera toute sa course et vous fera vivre ou revivre (pour les finishers miragistes) cette fin de parcours. Du sable, et encore du sable, de la chaleur à n’en plus pouvoir, des mouches… mais un Désert étoilé, un Désert qui a livré un autre visage la nuit tombée. Un visage de ce Désert que j’espère voir l’an prochain de mes propres yeux, et que je vous invite à venir voir vous aussi 🙂

Le bilan et le résultat des leaders

Sur 130 hommes et femmes, 90 ont franchi la ligne d’arrivée, dont beaucoup de femmes, elles étaient 30 au départ ! Et la surprise vient de l’une d’entre elles ! Oriane Dujardin, cette jeune française de 25 ans, qui n’avait alors couru que deux marathons dans sa vie, dont Paris cette année en 3h35 ; qui termine seconde derrière une renommée internationale multiple vainqueure du Marathon des Sables.

Oriane se caractérise par sa pudeur et sa simplicité, sa pugnacité aussi ; et oui, pour venir à bout d’un tel Ultra c’est de pugnacité dont il fallait faire preuve cette année. Elle termine 11ème au Scratch, et pour elle tout ne fait que commencer ; son âme aussi s’est laissée imprégner de ce Désert !

Cérémonie de clôture

Classement Femmes

1- Elisabet BARNES
2- Oriane DUJARDIN
3- Shefia HENDAOUI

Classement Hommes

1- Rachid ELMORABITY
2- Sondre AMDAHL
3- Mohamed ELMORABITY

Rendez-vous l’an prochain sur la 3ème Edition de l’UMED 2019 !

(Crédit Photo : Ian Corless)

Article rédigé par Cédric Masip

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Trail Session Magazine, Octobre 2018

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