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Ultra Mirage El Djerid 100k : Interview d’Amir Ben-Gacem à quelques semaines de la 2ème édition !

Ultra Mirage El Djerid 100k : Interview d’Amir Ben-Gacem à quelques semaines de la 2ème édition !

Après avoir eu la chance de participer il y a bientôt 1 an à la 1ère édition des 100km de l’Ultra Mirage qui s’est déroulée dans le désert Tunisien. J’ai eu le plaisir de réaliser l’interview d’Amir Ben-Gacem, le fondateur et directeur de la course, quelques semaines avant le top départ de cette deuxième édition qui nous promet, elle aussi, d’être GRANDIOSE ! Nous y serons avec Cédric pour la couvrir et partager avec vous !

C’est un plaisir tout particulier pour moi cette interview, car Amir est une des très belles rencontres de ce périple Tunisien que j’ai pu vivre en septembre dernier à l’occasion de la toute première édition.

C’est par téléphone que nous avons échangé, Amir était à Londres, où il réside.

Amir se préparait à ce moment là pour une course solo mais était également très pris par la logistique de clôture des dossards de l’Ultra Mirage.

Je lui fais part, à nouveau, de la beauté de cette première édition, par ses paysages, l’accueil irréprochable et la parfaite organisation de l’an passé. C’était ma première dans le désert, et l’Ultra Mirage m’a changé, transformé !

Pour cette deuxième édition, Amir nous promet une surprise…

Cette fois ce seront 100km d’un trait, une boucle comme prévu initialement, tout le monde va se régaler me confie-t-il.

« Quelques mois après le premier tracé, on réalise que c’est vraiment beau, au milieu de nulle part, il y a de grosses lignes droites. La plus longue sera de 35km ! Dans la soirée ou en matinée quand les coureurs verront les autres participants devant eux, ce sera inoubliable. »

L’INTERVIEW

Bonjour Amir, peux-tu te présenter auprès des lecteurs de Trail Session Magazine ?

Je suis Amir Bem-Gacem, Ultra Traileur Tunisien, je réside à Londres depuis plusieurs années maintenant, et revient très souvent en Tunisie.

En Tunisie je suis le Président de l’Association Ultra Marathon Tunisie dont le but est de faire la promotion de la discipline, de l’ultra marathon, du trail, du sport et de créer une nouvelle génération de coureurs Tunisiens sur ce type de distance.

Fondateur et directeur de course de Ultra Mirage 100km, le premier ultra trail de 100km en 1 seule étape qui se déroule dans le désert Tunisien.

Représentant de l’ITRA (International Trail Running Association) en Tunisie au point de vue des coureurs et aussi au point de vue organisateur.

Qu’est-ce qui t’a amené à te lancer dans un tel défi, à savoir de créer cet Ultra Mirage El Djerid 100km ?

J’ai 2 passions dans la vie, ce sont, la course en trail et la Tunisie, je me souviens très bien, en 2016, j’étais sur l’un de ces sites qui répertorie la liste des courses ultra dans le monde et je me suis dit, c’est incroyable que la Tunisie n’ait pas de courses. Je connais le sud de la Tunisie et la région d’El Djerid et c’est très beau. Qu’est ce qui manque à la Tunisie pour organiser cela ? Personne ne l’a fait, alors je vais le faire moi.

Quels sont pour toi et ton organisation les objectifs de cet Ultra Mirage ?

L’objectif principal pour moi était de mettre la Tunisie sur la carte mondiale, sur la liste des courses trail. Que les gens puissent découvrir le sud de la Tunisie mais que cela puisse être aussi une découverte pour les Tunisiens.

Comme tu me l’as dit toi même, c’est vrai que c’est beau, une fois que tu vas là-bas, c’est vraiment la nature, c’est la paix, il n’y a rien mais il y a beaucoup en même temps.

Et puis créer cette nouvelle génération de coureurs qui puissent valider des points ITRA, se défier eux-mêmes et participer à des compétitions internationales.

Pourquoi avoir fait un parcours en une seule étape de 100km ?

Quand j’ai vu qu’il n’y avait pas beaucoup de courses listées en Tunisie, je me suis demandé quelle était la course idéale pour moi. Bien sûr, le MDS (Marathon Des Sables), entre autres, dans le désert il y en a beaucoup. Pour moi, qu’est ce qui me ferait vraiment plaisir ? Du challenge mais en un seul jour, puis revenir rapidement à la vie normale, rentrer à l’hôtel, prendre une douche. Une grande course, en une seule étape et m’éclater dans cette course. Ça c’était d’un point de vue personnel. Puis je n’en ai pas trouvé beaucoup en une seule étape et je pense que cela pourrait intéresser beaucoup de personnes. Un long week-end plutôt qu’une semaine, le dépaysement en 3 jours de malade comme si tu avais pris une semaine de vacances. Une pilule concentrée de course ultra trail et de plaisir.

Comment s’est passée la 1ère Edition des Pionniers ? Quel bilan en tires-tu et comment te projettes-tu sur cette 2ème Edition ?

En tant qu’organisateur, le mercredi on faisait le balisage de la course avec les forces de l’ordre puis il y a eu les pluies. La nature nous met dans 1 situation de marche ou crève et moi j’ai décidé de ne pas crever. Le jeudi matin, 70% du trajet est sous l’eau, il n’y a plus de trajet. C’est le risque de la zone, on court à moins 20 mètres du niveau de la mer. On savait les inondations possibles. On a pas baissé les bras, l’équipe a recréé un circuit, c’était la panique, on était un peu en détresse puis il y a eu une unité fantastique. Les coureurs nous ont compris, les forces de l’ordre, les équipes de sécurité, tout le monde comprenait et on a été soutenus.

Au final, on a eu une très belle course, le défi était pour les coureurs de faire 2 boucles de 50 kilomètres. A la fin de la première boucle, c’est la moitié de la journée, les coureurs sont crevés, c’est là où il fait le plus chaud, mais il fallait repartir, un challenge énorme pour eux. Beaucoup de réussite, beaucoup de travail en back office et finalement, c’est ce qui a fait le charme de cette 1ère édition. Et en tant qu’organisateurs, nous avons beaucoup appris. Une leçon pour s’améliorer pour la 2ème édition.

2 boucles mais 2 paysages, 2 ambiances, 2 moments très différents.

Au travers de l’Ultra Mirage tu entends faire rayonner la Tunisie, mais aussi le Chott El Djerid. Peux-tu nous parler de ce site fabuleux, de son Histoire ?

Le Chott El Djerid, c’est 5000km carré, un des plus grands lacs salés de la terre, le plus gros en Afrique du nord et au Sahara, un espace qui fait rêver. Si on s’appuie sur la littérature ancienne, Jules Verne, en 1905, juste avant sa mort, écrit « L’invasion de la mer », un projet fou de creuser un canal depuis le Golfe de Gabès jusqu’au Chott El Djerid pour le faire inonder et ainsi créer une mer intérieure dans le Sahara dans le but d’instaurer une prospérité économique.

Puis Georges Lukas, pour Star Wars, en 1977, l’aventure commence mais c’est ici que ça se passe aussi.

Puis des dizaines d’années après, c’est le tour d’Amir, un autre fou, de partir également sur un projet dans le désert Tunisien (rires).

Il faut aller là-bas pour le découvrir, il est magique, c’est un espace immense, salé, des couleurs différentes à chaque moment, un environnement qui fait rêver, je veux que les gens viennent pour visiter et découvrir.

Pourquoi avoir choisi ce site en particulier ? Aurais-tu d’autres projets ?

C’est aussi pour des questions de logistique, le désert Tunisien, ne s’arrête pas à Tozeur, il y a Tataouine, par exemple, il y a énormément de régions, c’est très vaste et varié mais la réalité est que Tozeur est dotée d’un aéroport international, il est donc facile d’être desservi. C’est une ville bien organisée, qui a des hôtels et qui est habituée à organiser de gros événements. Je vois aussi pour le futur, si on veut agrandir cette aventure, il faut la logistique, le gouvernement, les forces locales, que tous puissent nous suive dans notre aventure.

Le succès de l’Ultra Mirage repose sur 3 entités très importantes :

Les sponsors, qui nous ont suivis pour ce rêve fou, les 100km en une étape et je les en remercie.

La deuxième entité, ce sont les forces locales, la Fédération Tunisienne d’Athlétisme, le Ministère de la Jeunesse et du Sport en Tunisie, l’ITRA, la garde nationale, les agents militaires en Tunisie, tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous ont dit, « on s’occupe de tout ».

Puis, les bénévoles et les coureurs car sans eux, il n’y a pas de course.

Comme une table à 3 pieds, c’est la combinaison de ces facteurs qui en font une aventure inoubliable.

Quand tu entres dans le bureau de la directrice des assurances BIAT,  qui est une ex-ministre au gouvernement, c’est une personne importante et quand tu lui dis que tu as une idée folle, il faut avoir face à soi des gens visionnaires qui vont comprendre l’impact, sur la région, sur le tourisme, sur les Tunisiens. Sur l’Ultra Mirage, en tant qu’organisateurs, nous sommes très chanceux d’avoir des partenaires exceptionnels.

Ce n’est pas simplement une motivation personnelle qui se réalise mais la chance d’avoir des gens importants dans le pays, qui nous suivent.

L’Ultra Mirage c’est 4 points pour l’UTMB, c’est une course référencée ITRA, quel est ton rôle au sein de cette instance internationale ?

Donc, comme je te l’ai dit sur la question de présentation, je suis le représentant de l’ITRA (International Trail Running Association) en Tunisie.

Important pour les tunisiens… Je pense que l’ITRA est une belle communauté, l’idée est de réguler la discipline.

Certains ne veulent pas adhérer mais pour les coureurs Tunisiens, ça leur permet d’ obtenir des points sans voyager trop loin, mais pas seulement les coureurs Tunisiens, les coureurs algériens, par exemple. Il faut un visa, prendre un billet, un hôtel. Cela permet de démocratiser le process. En France, pas besoin de voyager trop loin pour obtenir des points, en Afrique du Nord, cela représente une grosse organisation, tant en disponibilité que sur le plan financier. Bien sûr, l’UTMB c’est le rêve de tout le monde, énormément de Tunisiens en rêvent aussi.

L’Ultra Mirage c’est aussi une Equipe, des bénévoles… peux-tu nous présenter tes plus proches « lieutenants », « amis », et ces bénévoles qui font la réussite d’un tel événement ?

Raya et Gérald font un travail incroyable, d’un point de vue médiatique, au niveau des relations avec les coureurs, les instances régionales. Ils ont déjà organisé pas mal événements dans le sud Tunisien, c’est une région qu’ils connaissent bien. Il y croient à 100%.

Miloud à Tozer, c’est la référence là-bas, il connait tout le monde, tous les policiers le connaissent, il est un excellent atout, c’est important de l’avoir dans l’équipe.

Leila ma soeur, Adel, Imen, Amin, Khaled et j’en passe, c’est une équipe formidable.

Les bénévoles, pour la plupart viennent de clubs de running un peu partout dans le pays, Tunis, de Djerba… C’est un très beau kaléidoscope de la communauté running. Je pense que c’est pour ces raisons là, qu’ils se sont sentis aussi proches des coureurs.

The Dream Team

L’Ultra Mirage c’est une Famille, une Grande Famille internationale. Au travers de cette famille as-tu des projets pour faire qu’au travers du trail et de l’Ultra, le tourisme Tunisien renaisse ?

J’ai l’ONTT (Office National du Tourisme Tunisien) à mes côtés depuis l’année dernière, c’est notre partenaire depuis le début, ils ont vu l’attrait touristique de ce projet, les gens allaient venir avec des accompagnateurs, il y a un potentiel touristique et social.

Dans l’organisation, on essaie de tout garder en local, les boissons, les dattes, on essaie de faire participer la population de la région. C’est important d’avoir la population locale avec nous, c’est la course de toute une population, de toute la ville.

C’est très important pour nous.

Beaucoup pourraient être frileux de venir courir en Tunisie suite aux révolutions qui ont eu lieu ces dernières années. Que peux-tu dire aux lecteurs pour les convaincre de faire le déplacement ?

C’est une question légitime, la Tunisie depuis 2011 est passée par des problèmes de sécurité, nous sommes loin aujourd’hui des problèmes rencontrés également en 2015.

Les choses se sont bien calmées.  Mais le sud de la Tunisie et en particulier la région de Tozer n’est dans aucune liste de restriction des Etats-Unis ou de la Belgique.

On travaille en très proche collaboration avec les organismes sécuritaires du sud de la Tunisie. C’est important d’assurer la sécurité et le bon déroulement de ce type d’événement, je suis très relax a ce niveau.

Je me souviens très bien d’un coureur anglais qui m’avait appelé l’année dernière à ce sujet me demandant si le parcours était bien sécurisé.

Tout le monde doit être à l’aise avec cela.

Peux-tu nous présenter aussi tes sponsors et partenaires ? Qu’aimerais-tu leur dire au travers de cette Interview ?

On en a parlé lors des autres questions, le principal ce sont les Assurances BIAT, c’est plus qu’un sponsor, c’est un allié de la course depuis le début.

Nous avons 2 autres équipementiers, GOSPORT Tunisie qui soutient sur la partie teeshirt, sacs à dos pour les coureurs et les t-shirts pour les bénévoles.

Puis l’eau des Fourat, avec qui j’ai parlé du projet et m’a répondu, ok combien de bouteilles ? on s’en occupe…  on te les amène, point ! C’est une grande marque d’attention.

Au-delà de ces 3 partenaires, on est en train de créer un sponsorship avec l’ONTT (Office National du Tourisme Tunisien) qui est à nos côtés en terme de transport et logistique concernant l’événement.

On a Tunis Air, ce n’est pas vraiment officiel, qui sera transporteur officiel et c’est très important pour nous.

La course est en train de grandir et les gens ont envie de s’allier avec nous. Tant que ce sont des entreprises qui adhèrent à notre vision, qui sont en accord avec nous pour ce qui est l’amour du sport et de la nature et de la promotion du Sud Tunisien, on est partants.

On s’est laissés dire que vous aviez l’ambition d’ancrer l’Ultra Mirage sur la carte de l’Ultra World Tour. Quelle est l’échéance que vous vous êtes fixés pour y aboutir ?

Oui, ce serait la cerise sur le gâteau même si ce n’est pas vraiment un objectif en soi pour moi, mais on va petit à petit avancer vers cela. Quand je regarde les critères de sélection, de 20 nationalités différentes, respect de la nature, course mythique, on y est quasiment là. L’année dernière nous avions 12 différentes nationalités et cette année 22.

On veut aussi y aller doucement, que la logistique arrive à suivre, par exemple, l’année dernière le transport entre l’hôtel et la ligne de départ s’effectuait en 4×4 mais cette année ce seront des bus pour les transferts, car nous serons plus de 200.

On veut y aller étape par étape mais j’aimerais que d’ici 2 ans on puisse avoir la plupart des critères pour éventuellement entrer dans l’Ultra World Tour.

Peux-tu nous présenter le plateau des favoris pour cette 2ème édition ? Mais aussi nous présenter les grosses tendances pour 2018 ?

Bon, Sébastien Cantero bien sûr 😉 Blague à part, il y a des frères qui sont l’âme du Maroc : Mohamed a fait l’année dernière un super parcours, une très belle course, il a placé la barre très très haute en terme de performance, et je pense qu’il a bien apprécié la course. Cette année, Mohamed et Rachid Elmorabity sont tous les 2 inscrits pour la course. Ce sont 2 personnalités, ils sont très gentils. J’ai rencontré Rachid au MDS en 2016, il était déjà une super star ; je lui ai parlé et il a été d’une extrême gentillesse, la beauté du coeur. Quand je lui ai dit que j’organisais une course, il m’a dit qu’il viendrait.

Ce sont de vrais sportifs, avec l’esprit sportif, avec de vraies valeurs.

Il y a Elisabeth Barnes, deux fois gagnante du MDS, elle va faire son retour dans la course du désert.

Dalila Louati de la Tunisie… Je suis très heureux du niveau et du calibre des coureurs de cette année, on va avoir de très belles performances et de très belles concurrences entre coureurs d’élite.

Après, il y a des Japonais, des Australiens, des Philippins, des Malaisiens, des Américains des Européens, on va avoir une très bonne représentation de un peu partout.

Raya a commencé à nous parler d’un gros challenge que tu t’es fixé pour ce mois de juillet… Q’est ce que c’est ? Tu prépares l’Ultra Mirage ? 😉 Un organisateur au cœur de sa course et de ses coureurs c’est un quasi jamais vu, ce ne serait pas ça à tout hasard ?

C’est une idée folle que j’ai eue il y quelques mois… Au début, j’avais envie de faire le parcours de l’ultra mirage 2018, en solo, puis je me suis dit que c’était un peu injuste pour les coureurs de faire ça tout seul. Donc, j’ai décidé de courir le Chott El Djerid du sud au nord, c’est une distance de 80 kilomètres qui ne peut se faire qu’en été, en juillet pendant le mois le plus chaud du sud Tunisien, afin d’être certain que tout sera sec.

C’est un peu une première, parce que personne n’a jamais fait ça, seul, à pied, du sud vers le nord d’un coup. Je pars du sud de l’Algérie, d’une ville qui s’appelle Blidet qui est à la rive sud du Chott El Djerid.

Je suis un peu un fou !!! J’aime la partie solo, l’idée de courir au milieu de nulle part, ça rend mes idées plus claires et j’apprécie mieux la nature.

Un des meilleurs moments de ma vie, exit ceux avec ma femme, a été dans la partie longue du marathon des sables en 2016. Les 80 kilomètres, je suis en train de courir, tout était catastrophique, les pieds en mauvais état, ma gourde était cassée, mais depuis très longtemps m’entendais respirer. J’étais reconnecté avec moi, je me suis même remis en phase, c’est un sentiment exceptionnel.

C’est ce que je cherche dans ma course, pour cette expérience, à être seul, sur le plus gros lac salé du Sahara, 5000 kilomètres carrés de surface. Je passe beaucoup de temps à regarder les plans, google hearth, la pureté de cet espace infini, où il n’y pas d’arbres, pas d’animaux, rien qui ne puisse vivre, c’est ce que je recherche.

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Interview réalisée par Sébastien CANTERO

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Trail Session Magazine, Juillet 2018

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